Surmonter le burnout des parents, c’est possible

Surmonter le burnout des parents, c’est possible

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Avoir des enfants donne parfois l’impression d’être engagé dans une course contre la montre perdue d’avance. Aujourd’hui, les parents se sentent souvent dépassés et insatisfaits, des sentiments exacerbés par des articles de blog ou des livres qui mettent l’accent sur les inconvénients d’être parents. Oui, vous aimez vos enfants, mais vous n’êtes pas seul si vous détestez parfois le rôle de parent et les responsabilités qui lui incombent. Si pour certains parents, ce sentiment est passager, pour d’autres, il induit un épuisement total qui mène au final au burnout, caractérisé notamment par des sentiments d’inadéquation et détachement émotionnel. Cependant, contrairement à un emploi que l’on peut quitter, ce n’est pas le cas pour les responsabilités relatives à l’éducation des enfants.

Qu’est-ce que le burnout des parents ?

Contrairement à l’épuisement professionnel, le burnout des parents a relativement peu à voir avec la pression des facteurs externes et est plutôt lié à la nature et au profil des parents eux-mêmes. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est une bonne nouvelle. Vous vous attendiez, peut-être, à ce que le burnout puisse s’expliquer par des facteurs socio-démographiques, comme les ressources économiques des parents, le nombre d’enfants, la présence ou l’absence de partenaire.

Bien que ces éléments contribuent aux risques de burnout d’un parent, une étude menée en 2018 par une chercheuse en psychologie et professeur, et son équipe a révélé que les traits personnels sont les principaux responsables. Paradoxalement, l’étude a montré que les couples qui avaient le plus hâte de devenir parents, qui donnaient le meilleur d’eux-mêmes, étaient beaucoup plus exposés au risque de burnout. Parmi les autres traits liés au burnout des parents, mentionnons un modèle incohérent d’éducation des enfants, des antécédents en matière de difficultés d’attachement avec leurs propres parents, un niveau élevé de désorganisation au sein de la famille et une difficulté à solliciter de l’aide.

Dans l’ensemble, ces résultats ont ravi l’équipe. Et pour cause, cela signifiait qu’il était tout à fait possible d’aider ces parents à surmonter leur condition, car contrairement aux facteurs externes qui sont plus difficiles à changer, les traits propres au burnout des parents peuvent être modifiés. Si le point de rupture semble s’approcher à grand pas, pensez aux stratégies suivantes pour vous rafraîchir mentalement et émotionnellement.

Décomposez ce qui prend du temps

L’équipe a été surpris de constater que le burnout prévalait en particulier chez les parents très instruits, qui peuvent être plus susceptibles d’avoir des attentes extrêmement élevées envers eux-mêmes et leurs enfants. De nombreux parents veulent élever leur enfant à la perfection, en nourrissant leurs enfants avec des produits et des aliments bio et en les inscrivant dans deux, voire trois activités parascolaires, et c’est trop. Les parents perdent de vue ce qui est vraiment important.

Il recommande aux parents qui ressentent ce besoin d’être parfaits de prendre du recul et de regarder de quoi est constituée réellement leur semaine. Combien de temps passez-vous au volant de votre voiture, à préparer des repas ou encore à faire des choses que vous considérez comme « bénéfiques » pour votre enfant mais que vous n’aimez pas ? Essayez de supprimer quelques activités pour vous permettre, à vous et à votre enfant, de respirer et d’être heureux ensemble. Sachez qu’un horaire très exigeant peut exposer votre enfant aussi à un risque accru de burnout.

Sachez pourquoi et comment demander de l’aide

Le burnout des parents se produit lorsque votre fardeau perçu dépasse votre capacité à y faire face. Avant d’en arriver là, essayez de trouver la goutte d’eau qui risque de déborder le vase. Il peut s’agir de conduire à un moment précis de la journée, de préparer les repas ou d’aider les enfants à réviser. Quoi qu’il en soit, l’effort de cette activité dépasse ce que vous avez à donner, et il est probablement temps de demander de l’aide.

Si vous résistez, reconnaissez que votre évitement est un symptôme de burnout. Les parents aux prises avec le burnout ont souvent de la difficulté à cerner les problèmes ou à déléguer les tâches qui sont devenues trop lourdes, car on craint qu’une autre personne ne puisse pas être à la hauteur.

Les parents peuvent parfois demander de l’aide, mais d’une manière contre-productive. Par exemple : « Tu n’es jamais là quand j’ai besoin de toi », « ce sont tes enfants aussi », ou encore « Tu me mets toujours ça sur le dos », etc. Assurez-vous d’être clair et direct sur ce dont vous avez besoin, en veillant à utiliser les bons mots.

Faites attention à la façon dont vous gérez les conflits

Le sentiment d’efficacité, c’est-à-dire lorsque les parents ont l’impression d’être plutôt doués pour leur rôle, est souvent utilisée comme indicateur académique commun du bonheur ou de la satisfaction des parents. Inversement, les parents qui se sentent inefficaces dans leur rôle sont plus susceptibles d’être des proies faciles à l’épuisement. L’étude  a fait ressortir trois éléments de parentale moins efficace chez les parents qu’ils ont étudiés : incohérence, coercition et escalade.

Dans une parentalité positive, le parent a un rôle cohérent et l’enfant sait quelles sont les limites dans divers contextes. Lorsqu’un parent est incohérent, l’enfant apprend à être insistant, à se plaindre et à constamment enfreindre les règles. Les parents qui pratiquent la coercition crient, punissent et menacent… Les conflits s’intensifient à mesure que les parents et l’enfant tentent de gagner dans ce jeu où finalement tout le monde est perdant.

Les parents qui se sentent efficaces dans leur rôle parental, en revanche, ont tendance à privilégier le lien plutôt que le contrôle et considèrent la discipline non pas comme le moment de punir un enfant pour un acte répréhensible, mais comme un perpétuel apprentissage pour l’enfant pour qu’il soit un membre actif dans la société. Ils savent qu’il n’y a pas une seule façon universelle d’élever un enfant et ils sont à l’aise de répondre au moment présent, même s’ils n’y arrivent pas toujours exactement comme ils l’auraient souhaité.

Assumez la responsabilité de vos choix

Vous n’êtes pas la victime impuissante de l’emploi du temps de votre enfant. Les parents font parfois des choix et prennent des décisions pour faire pareil que d’autres familles ou en fonction de ce qu’ils voient à la télé ou dans les films. Or ce n’est pas comme ça que ça devrait se passer. Ce qui est bon pour les autres n’est pas forcément bon pour vos enfants ou pour votre famille. Vos décisions doivent émaner des capacités et penchants de vos enfants et non de ce que vous leur souhaitez.

Si votre fin de semaine est rythmée par de nombreuses activités pour vos enfants et se termine par une fête de famille et un long trajet en voiture pour rentrer chez vous avec des enfants surexcités, vous devez en assumez la responsabilité car ce sont vos choix qui vous ont mené là. Vous avez deux voies à suivre : soit vous réduisez les exigences que vous vous êtes imposées, soit vous les acceptez parce que vous y tenez vraiment, et dans ce cas, vous devez cesser de considérer et de dire que vous êtes contraint ou que vous n’avez pas le choix.

Ne soyez pas très regardant sur les résultats

Lorsqu’il s’agit de stress lié au rôle parental, notre perception est importante. Lorsque vous vous attendez à un résultat particulier au bout de la journée, à un certain niveau de performance de votre enfant ou même à des réactions de votre famille à un plat que vous leur avez préparé, votre niveau de stress augmente… Et pire, vous avez laissé votre propre bonheur dépendre de facteurs hors de votre contrôle.

Le burnout est un déséquilibre entre les exigences et les récompenses. Vous pouvez réduire les exigences, mais vous pouvez aussi augmenter les récompenses en choisissant de les trouver dans les relations quotidiennes avec votre enfant, plutôt que dans la réussite scolaire ou dans les activités. Appréciez autant son envie de jouer au foot que sa volonté à avoir une bonne note aux maths.

Prenez quelques minutes pour vous allonger auprès de votre enfant le soir et écouter activement ce qu’il a à vous raconter. Ne réagissez pas à ce qu’il dit et n’essayez pas de corriger ses erreurs. Laissez-le juste s’exprimer et prenez du plaisir à l’entendre dire son avis.

Vous avez des problèmes dans votre petite famille, et vous avez besoin des conseils auprès des experts, donc n’hésitez pas de nous appeler à tout moment, afin qu’on puisse vous proposer un spécialiste adéquat.